VITRINE FENETRE 

Scénographie de vitrine du café céramique “La Papoterie”,

2 rue de Mulhouse, 75002 Paris
MAÎTRE D’OUVRAGE: Privé
DECORATION: Les Précieuses Libellules
PROGRAMME: Café céramique
SURFACE: 160 M2
COÛT: 280 k€
TYPE DE MISSION: Mission complète

La vitrine du café céramique “Papoterie” est une scénographie de façade conçue comme un dispositif de tension volontaire entre deux matérialités opposées.

Point de départ : une ancienne fenêtre à petits bois, à arc cintré, chinée et conservée dans sa finition brute, teinte monochrome et texture rugueuse du bois patiné par le temps. Désolidarisé de toute fonction d’ouvrant, ce châssis devient l’armature d’un système d’exposition suspendu, indépendant du sol et de la vitrine elle-même.

Des étagères de bois massif, retenus par des cordages en chanvre tressé descendant du plafond, recomposent un maillage d’étagères flottantes à l’intérieur même du cadre de la fenêtre, réparties sur plusieurs niveaux et plusieurs profondeurs. Le système de suspension, dimensionné pour reprendre le poids cumulé des pièces en grès, repose sur des nœuds coulissants permettant d’ajuster librement la hauteur de chaque plateau, sans perçage ni fixation apparente sur les montants d’origine.

Sur ce fond mat et texturé viennent se poser les pièces en grès et céramique de l’atelier : pichets, tasses, vases et bols aux émaux colorés, aux surfaces lisses et brillantes. L’opposition est assumée : la rugosité et la neutralité chromatique du bois ancien font ressortir la couleur et le fini lisse de la céramique, chaque pièce devenant un point d’accroche visuel isolé dans la composition d’ensemble.

Le calepinage des étagères, volontairement irrégulier en hauteur et en profondeur, organise un parcours de lecture depuis la rue, entre premier plan et arrière-boutique visible en transparence à travers les carreaux du châssis. La nuit, un éclairage ponctuel dirigé sur les objets accentue le contraste avec l’obscurité de la façade peinte en bleu nuit : la vitrine se lit alors comme un caisson lumineux, une nature morte suspendue dans l’épaisseur du mur.

Le parti pris dépasse la simple présentation produit : il installe une identité de marque artisanale cohérente, où l’objet façonné à la main dialogue avec un mobilier de vitrine lui-même issu du réemploi.